Femme viking en Suède
L'Amazone venue du froid (Archéologia, 2017)
Situé sur l'île de Björkö à l'ouest de Stockholm, le site de Birka est celui d'une ville viking découverte et fouillée à la fin du XIXième siècle par Hjalmar Stolpe.La ville, fondée au milieu du VIIIe siècle, connaît son apogée entre les années 800 et 950 avant de subir un déclin rapide dû à un possible abaissement des eaux, qui aurait fermé l'accès du port à la mer Baltique.
Trois mille tombes y ont été répertoriées. La richesse du dépôt retrouvé dans la tombe BJ581 fonda sa renommée: deux chevaux, de nombreuses armes (dont une lance, une hache, des flèches, plusieurs armures ou encore des boucliers) et les pièces d'un jeu de stratégie.
Charlotte Hedenstierna-Jonson, de l'université d'Uppsala, et Anna Kjellström, de l'université de Stockholm, ont conclu que l'ADN en question était celui d'une femme !
Guerrière viking (National Geographic, 2017)
La bio-archéologue Anna Kjellström de l'Université de Stockholm a procédé à un premier examen minutieux des os pelviens et mandibulaires du supposé guerrier. Leur dimension correspondait sans équivoque à l'ossature d'une femme.
Un texte irlandais
du 10e siècle conte l'histoire
d'Inghen Ruaidh (”La fille rouge“), une femme guerrière qui a mené
une flotte viking jusqu'en Irlande.
Davide Zori note par ailleurs que de nombreuses sagas vikings comme la légendaire Volsunga saga dépeint des jeunes filles armées se battant aux côtés des soldats.
Charlotte Hedenstierna-Jonson et ses collègues estiment que cette femme était sans doute une guerrière et une stratège respectée. ”Sur ses cuisses se trouvaient des pions, ce qui suggère qu'elle était une tacticienne et une meneuse.“
De grands voyageurs
Une étude ADN a permis d'effectuer une analyse génétique sur 442 échantillons issus d'individus distincts, provenant de plus de 80 sites archéologiques du Nord de l'Europe, de l'Italie
et du Groenland
.
Ils ont été daté entre 2 400 avant notre ère à 1 600 après J.-C.
“Je n'aurais pas pu imaginer les défis informatiques que pouvait générer cet ensemble de données”, déclare le généticien évolutionniste Eske Willerslev, professeur d'écologie et d'évolution à l'Université de Copenhague
et directeur du centre de recherche génétique qui a
dirigé le projet de génome Viking.
Des carrefours commerciaux
La recherche identifie trois principaux lieux, à partir desquels les Vikings se sont mélangés avec des personnes originaires d'autres régions : le Danemark monderne
, les îles de Gotland & d'Öland
en Suède moderne
.
“Il est assez clair d'après l'analyse génétique que les Vikings ne sont pas un groupe homogène de personnes“, déclare Willerslev. Beaucoup ont des ancêtres originaires du sud de l'Europe et de la Scandinavie, par exemple, ou même un mélange d'ascendance sami (natifs scandinaves) et européenne.
“Nous avons même mis au jour des restes humains enterrés en Ecosse
avec des épées et des éléments de
combat vikings qui ne sont pas du tout scandinaves d'un point de vue génétique“,
ajoute-t-il.
Seuls 15 à 30 % des Suédois modernes
partagent un capital génétique semblable aux individus étudiés qui
vivaient dans la région il y a 1 300 ans, ce qui suggère encore plus de migrations
et de mélanges de peuples après l'ère viking.
Les nouvelles données génétiques confirment ce que les chercheurs et les archéologues soupçonnaient depuis longtemps : les Vikings étaient un groupe diversifié non lié par la nationalité ou l'ethnie.
“C'est une étude merveilleuse“, déclare l'archéologue Jesse Byock, professeur à l'Université de Californie à Los Angeles
, qui dirige le projet archéologique
Mosfell en Islande
et n'a pas pris part à la
présente étude.
Frères d'armes
Dans une sépulture de Salme, en Estonie
, où
41 individus suédois
ont été
excavés avec deux bateaux et leurs armes, quatre frères ont été
identifiés, couchés côte-à-côte.
Les chercheurs ont également découvert un lien familial au deuxième degré entre un Viking dans un cimetière danois
et un autre à Oxford, en Angleterre
, preuve de
la mobilité des membres d'une même famille à l'époque.